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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 18:02

Le réveil est difficile : après le rêve d’une croissance positive et sans limite, on ouvre les yeux sur des problèmes pourtant connus de longue date. La mer monte, au propre comme au figuré.

Le système économique vacille, ses dérives sont pointées du doigt, et au cœur de tout, l’être humain est mal, tant dans sa tête que dans son corps. Un comble quand on y réfléchit : le système est basé sur l’argent, qui n’est qu’un outil issu de l’intelligence humaine pour lui faciliter la vie. Aujourd’hui l’homme est esclave de sa création…

S’il est normal et vital qu’une entreprise fasse des bénéfices, elle doit, de par la loi, placer les intérêts de ses actionnaires au dessus de tout le reste, même du bien public (1). La logique qui prévaut est celle du profit maximum dans un temps minimum..

Le business envahit tous les secteurs. Le serpent est fou, aveugle et se mord la queue : les rouages de ce système qui pousse à la consommation, ce sont vous et moi. Et vous et moi avons besoin de manger, de nous habiller, de nous nourrir, de payer nos factures, nos crédits, nos impôts…Nous devons donc travailler, en faisant vivre le système.

La course au profit pousse l’entreprise à travailler en effectifs réduits, générant un surcroît de travail sur chacun. Les règles de l’art sont méprisées, parce-qu' il faut aller vite et qu’on a pas le temps d’être formé. On travaille plus, mais on ne gagne pas forcément plus : combien d’employeurs payent réellement les heures supplémentaires ? La motivation s’effondre... Produits et prestations s’en trouvent dégradés, et la « qualité totale » se retranche derrière des clauses contractuelles, au mépris de la qualité tout court. Le phénomène est amplifié avec les externalisations, définies par certains économistes comme l’art de faire payer ses factures par d’autres (2) . Le sous-traitant demande alors à son tour à ses salariés de faire plus avec moins de moyens…

On sous-traite tout, même sa responsabilité. « C’est pas moi, c’est le modèle libéral… ».

Même dans le domaine social, le modèle libéral gagne du terrain, allant jusqu’à « rationaliser » les échanges humains, chronomètre en main, dans les maisons de retraite !

Le malaise est palpable, dans tous les secteurs. Combien de gens autour de nous ont envie de changement, cherchent à donner du sens à leur vie, ne veulent plus perdre leur vie à la gagner ?

Faut il « du passé faire table rase » ? Certainement pas ! Un outil mal utilisé n’est pas un mauvais outil : ça n’est pas parce que je me suis tapé sur les doigts que je vais jeter mon marteau aux orties (même si sur le coup, c’est la première idée qui me traverse l’esprit !).

Ce que l’humain a créé, il peut le défaire.
A l’instar de la fable du colibri (3), chacun peut faire sa part, et il a sa place dans la société. Il n’y a de fatalité que si l’on renonce à ses responsabilités. C’est une question de décision. Alors que chacun connaît la théorie du battement d’aile du papillon, comment peut-il douter de son influence sur son environnement, et dans la société dans laquelle il évolue ?

Vous l’aurez compris, mon état d’esprit est optimiste et résolument positif.

Le réveil n’est qu’une première étape.

Les nouvelles ne sont, certes pas réjouissantes, mais nous devons passer par là pour réveiller les consciences de chacun sur les non-sens et aberrations qui nous entourent. Comprendre comment on en est arrivé là, quels sont les mécanismes qui sont à l’œuvre, permet de sortir de la résignation face à ce qui nous paraît complexe et semble insurmontable.

Si aujourd’hui, nous démasquons les mauvais élèves, il n’est pas question de les laisser sur la touche, mais bien de les faire participer et évoluer. Le défi est de taille, mais c’est une condition indispensable pour une sortie par le haut, et avec tout le monde.

C’est le discours que tient, en marge de son projet Solar Impulse (4), Bertrand Piccard, l’un des rares visionnaires à intégrer la dimension psychologique aux réflexions sur les changements à venir. La résistance au changement fait partie de la nature humaine, et c’est un frein majeur.

Bertrand Picard évoque par ailleurs, les énormes gisements d’emplois que constituent les énergies renouvelables et l’environnement, et montre que, paradoxalement, la survie du système libéral, autour duquel tout est articulé aujourd’hui, est dépendante de l’intervention des politiques… Tout comme ils ont été capables d’intervenir pour soutenir les banques en 2009, leur action est indispensable pour soutenir les secteurs porteurs d’avenir et les réorientations de ceux qui avancent dans une impasse.

Le projet Solar Impulse est un symbole, à la fois d’aventure et d’exploration, qui ont toujours été des moteurs d’évolution pour l’humanité, mais aussi la preuve qu’on a aujourd’hui les moyens de faire voler un avion sans escale autour de la terre, sans autre apport d’énergie que celle du soleil. Ces moyens existent, et leur mise en application n’est qu’une question de décision.

« Demain est moins à découvrir qu’à inventer » (5) : c’est la raison d’être de ce blog.

J’y matérialiserai idées, synthèses de réflexions partagées avec d’autres, recherches, ainsi que les exemples et initiatives pertinentes et inspirantes.

A l’heure où l’on sait mettre en commun ses idées, compétences, et talents depuis les 4 coins de la planète pour créer des logiciels libres et performants (6), il peut en être de même pour créer le monde de demain.

Après le flop de Copenhague, où « les grands de ce monde » ont montré leur incapacité à se mettre d’accord, il est permis de penser que le changement viendra "d’en bas".

Des initiatives originales, pertinentes et pleines de sens, intégrant le savoir être, s’inscrivant parfois dans une démarche de Qualité Globale à Dimension Humaine © (7) et économiquement rentables, existent déjà (8).

Il ne tient qu’à nous de nous en inspirer et d’en créer d’autres.


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Sources :

(1) The Corporation - Documentaire (2003) de Mark Ashbar, Jennifer Abbott, Joel Bakan
(2) Idem
(3) Pierre Rabhi (http://www.lapartducolibri.com/page.php?id=14). Voir aussi :

http://www.colibris-lemouvement.org/

(4) http://apps.facebook.com/daily_motion/video/x9puul_bertrand-piccard-solar-impulse-inte_tech
(5) Gaston Berger
(6) Un logiciel libre est un logiciel dont la licence dite libre, et donne à chacun (et sans contrepartie) le droit d'utiliser, d'étudier, de modifier, de dupliquer, et de diffuser (donner et vendre) le dit logiciel. (Wikipedia).
(7) http://www.recherches-et-evolution.com/la-qualite-globale-a-dimension-humaine

(8) 80 hommes pour changer le monde. S. Darnil & M. Leroux ed. J-C Lattès (2005).

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