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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 17:48

 

 

 

Violence, conflits, crise économique, corruption, austérité… La morosité engendrée par nos “grands” médias nous fait souvent oublier de profiter des bonheurs aussi simples que celui de se tenir debout, de marcher, courir…

 

Au hasard de zappings, navigation sur le web ou de rencontres réelles (pour Philippe Croizon et Claude Pinault), les exemples de résilience ci-dessous me sont apparus comme de véritables inspirations pour “les jours sans”, quand le moral est dans les chaussettes, et que l’apitoiement pointe le bout de son nez...

D’aucuns diront que certains de ces personnages connaissaient les risques liés à l’activité dans laquelle ils ont été accidentés, mais, à la lueur des autres cas, on voit bien qu’il n’y a pas besoin de sauter en parachute, ou faire des sauts en BMX pour voir sa vie basculer en un instant...

Tous nous montrent qu'après de très forts traumatismes, le potentiel humain peut défier les pronostics médicaux les plus pessimistes, que même si rien n'est plus comme avant, il est possible de revenir à la vie avec des forces nouvelles et un regard différent.

 

Véritables hymnes à la vie, ces témoignages sont aussi là pour nous rappeler, avant qu’il ne soit trop tard, sclérosés que nous pouvons être par un quotidien parfois (voir souvent) insatisfaisant mais malgré tout confortable, que l’horloge tourne...

 



 

Philippe Croizon

 

 

“Suite à un très grave accident domestique survenu à l'âge de 26 ans, Philippe Croizon est amputé des quatre membres. Grâce à un courage hors du commun, il décide de vivre et parvient à marcher, conduire et s'occuper de sa famille. Mais sa vie sera bientôt bouleversée par un incroyable défi : traverser la manche à la nage. Au terme de deux ans d'efforts, Phillippe Croizon réalise son rêve. À la suite de cet exploit, il rallie les cinq continents à la nage aux côtés de son ami, le nageur valide Arnaud Chassery. Un parcours de courage et d'amour qui inspire tous ceux qui le suivent.”

 

Son intervention à TEDx PARIS 2013


(Source texte et video : TEDx PARIS 2013)
 

 

 

Photo TEAMSHOOT

 

http://i2.wp.com/kurtyaeger.com/w/wp-content/uploads/2013/05/cosmo-meets-kurt.jpg?resize=600%2C600

 

 

Photo :  kurtyaeger.com

Kurt Yaeger

 

"Certains diront que Kurt Yaeger est une leçon de courage à lui tout seul, d'autres affirmeront que sa passion a été bien trop grande pour qu'il puisse la mettre de côté. Quoi qu'il en soit, ce rider BMX a su franchir les obstacles pour revenir sur le devant de la scène. Amputé d'une jambe, Kurt Yaeger a su se remettre en selle et nous épater de ses extraordinaires rides."

 

Son histoire sur GENTSIDE

 

(Source texte et video : gentside.com)

 

Karina Hollekim

                               

Skieuse et Base-jumpeuse confirmée, Karina HOLLEKIM est la première femme à réaliser du ski Base. Elle profite de sa liberté dans les airs… jusqu’au jour où, lors d'un saut “banal” tout tourne mal. Au prix de multiples opérations et d’une très longue rééducation, quatre ans après qu’un médecin lui ait annoncé qu’elle ne remarcherait probablement plus, elle remonte sur des skis...

 

Son intervention à TEDxBucharest. Un témoignage fort.

 

 

 

Photo : The NORTHFACE

Serge OCCHIPINTI

 

“Un portrait hors du commun, comment reconstruire sa vie après un grave accident de la route? Lorsque votre corps n'est plus le même, pour surmonter le traumatisme et la douleur, Serge OCCHIPINTI a choisi le sport, il a repris une activité intensive du KiteSurf qu'il pratiquait avant l'accident avec l'idée de relever un défi : parcourir en KiteSurf une partie de l'Arc Antillais, de la Martinique à Saint Martin en plusieurs étapes.”

Défi brillament réussi le 16 juin 2013, date à laquelle il a rallié St Martin, au terme de 5 jours de navigation.

 

Reportage

Photo : http://politiques-publiques.com
 

Claude PINAULT

 

A la suite d’une infection virale, Claude Pinault s’est retrouvé tétraplégique en 24h, victime d’un syndrôme de Guillain barré. Du jour au lendemain, enfermé dans son propre corps et en proie à des douleurs effroyables...

Défiant les pronostics médicaux, après 14 mois d’hospitalisation (dont 6 mois de tétraplégie totale), et 18 mois de rééducation, il marche à nouveau.

 

Claude Pinault dégage un enthousiasme contagieux, qui nous rappelle à l'essentiel !

 

 

Son interview sur Moodstep par Joanna Quelen

 

Photo : yanous.com

 

 

Arthur Boorman

Sa video a fait le buzz : vétérant de la Guerre du Golfe, invalide de guerre suite à de nombreux sauts en parachute qui ont eu raison de son dos et ses genoux, Arthur Boorman ayant perdu goût à la vie, s'était lentement laissé glisser vers une obésité morbide. Pendant 15 ans, les médécins lui ont répété qu'il ne pourrait plus marcher sans béquilles. Sa rencontre avec Diamond Dallas Page, ancien catcheur reconverti en professeur de yoga a changé son destin. Le coach a cru en lui et l'a aidé à perdre du poids : 63,5 kg en 10 mois. A présent, Arthur Boorman peut marcher et courir.

 

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 23:09

 

Force est de constater que, loin de baisser les bras face à une conjoncture de crise, “le monde bouge” : l’heure est à l’action, et nombreux sont ceux qui n’ont pas attendu les slogans électoraux pour faire leur : “Le changement c’est maintenant.”

 

De mon côté, pour ce qui est de relayer des initiatives positives, tel qu’exprimé dans “Donner du sens”, on ne peut pas dire que le résultat soit probant . Mais ça, c’était avant de m’inscrire sur le réseau social de M. Zuckerberg, sur lequel je suis nettement plus actif .  


D’autres le s'acquittent très bien de cette tâche, et sont pour moi des sources d’inspiration. Vous trouverez ci-dessous quelques-uns de mes sites favoris :   

 

 

 

« Inspire your life » : de l’information positive sur des solutions alternatives.

 

Des infos sur les innovations et tendances du monde de demain, pour donner à réfléchir sur nos modes de consommation, nos façons de travailler, donner envie d’ innover, créer, entreprendre autrement grâce à l’émergence du green et social business.

 

“L’ambition de Shamengo est de devenir une plate-forme de partage et de mise en relation dédiée à tous les entrepreneurs et porteurs de projets éco-responsables.”
  

« Technology-Entertainment-Design »

 

Rassembler, une fois par an, durant 4 jours, des participants - PDG, scientifiques, créateurs, philanthropes - venus du monde entier, pour les partager avec le monde.

 

Fort de 25 ans de succès, TED a voulu permettre à la communauté élargie de ses fans de diffuser l’esprit TED autour du monde. Le programme TEDx a été créé pour cela : le « x » signifie qu’il s’agit d’événements qui sont organisés indépendamment tout en respectant un certain nombre de critères définis par TED.
  

“Pour une information qui donne envie d’agir”

 

 

  

“Journal positif sur les initiatives ingénieuses, remarquables et inspirantes réalisées par des citoyens à travers des interviews vidéos : faire avancer le 'schmilblick' et changer le monde vers plus d'écologie et d'humanisme par la créativité, l'action et l'innovation citoyenne et individuelle."

  
www.cdsconseils.com 
  
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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 13:14

' 

 

"Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde".

 

Une trop peu connue chanson de France Gall et Michel Berger illustre parfaitement cette citation de Gandhi, et vient faire écho à que ce que j'écrivais à la fin de mon article  "Se tuer au travail ?" :

« D’un point de vue plus large, qui est le patron de notre vie ? Notre employeur ? Notre banquier ? Notre percepteur ? Notre conjoint ? Le « système » ? Ou nous-même ? »

 

 


 

 



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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 20:51

 

Après les « dommages collatéraux », exposés en première partie, que de grandes compagnies sont capables d'engendrer, les différents intervenants du documentaire nous proposent des « thérapies » (en référence à la patholigie de psychopathe).

 

En tout premier lieu, ne pas sombrer dans le pessimisme, car :

 

- Les situations peuvent se retourner

- Toutes les structures ont des failles

- Le capital peut être tenu pour responsable

- Rien n'est gravé dans la pierre et peut être démantelé. La plupart des états, ont des lois pour cela.

 

Ensuite :


- Penser à une plus grande échelle sur les impacts des actions individuelles.

- Regarder les fondements de la forme légale qui a créé « ce monstre ». Trouver qui peut les rendre responsables.

- Ne pas sous estimer le pouvoir du peuple.

 

Des exemples de mutations :

 

Le Comité National des Travailleurs (organisme US) a porté au grand jour le travail des enfants dans l'industrie textile, modifiant, souvent au terme de procès, de manière significative les méthodes des entreprises de Kathy Lee Gifford, Wall-Mart, et Gap.

 

Le cas le plus exemplaire de repositionnement est celui de Ray Anderson, PDG d'Interface.

Interface est le leader mondial du marché des dalles de moquette pour bureaux, avec un chiffre d’affaires de plus de 1,3 Milliards de Dollars en 2003. Il emploie 8 000 personnes à travers le monde et a été élu, grâce à une étonnante politique sociale, un des 100 meilleures groupes pour lesquelles travailler par le magazine Fortune. Ray Anderson, son fondateur s’est lancé, il y a plusieurs années, dans ce qu’il considère comme son plus grand défi : devenir la première entreprise industrielle avec un impact global positif sur l’environnement, après la lecture, en 1994, d' « Ecology of commerce » de Paul Hawken.
« Ce fut comme si une flèche m’avait traversé le cœur, ce livre a réellement changé ma vie ». Y est décrit l’assèchement de la plus grande nappe phréatique du centre des Etats-Unis, la perte annuelle de l'équivalent de la superficie de terres agricoles australienne, la disparition de vastes surfaces de forêts brésiliennes et en Indonésiennes, l’extinction des espèces à un rythme 10 000 fois plus rapide qu’avant 1850 et l’augmentation de la population mondiale de 90 Millions d’êtres humains chaque année. Il en conclut que l'empreinte écologique globale de l'humanité dépasse largement la capacité d’absorption de la Terre et qu’il faut vite y remédier....

À cette époque, Interface extrait 600 milliards de tonnes de matériaux chaque année pour sa production, dont 2/3 de non-renouvelables, dédiés à la pétrochimie. Ray s’approprie rapidement la vision de Paul Hawken et engage son entreprise dans un virage décisif. Devenir l’un des modèles de la prochaine Révolution Industrielle (la première étant avérée non-durable), avec une activité totalement soutenable à l'horizon 2012. Cela implique l'arrêt d’émissions de gaz à effet de serre, de la production de déchet, l'utilisation d'énergies renouvelables et le passage progressif à une économie de service où l’on louerait l’usage de la moquette plutôt que d’acheter de la matière.

Malgré de nombreuses difficultés, ses résultats sont là (chiffres de 2003) : les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 31 % (tout en doublant la taille de la société), on a produit 60% plus avec la même quantité de matériaux, et les énergies renouvelables représentent à 12% du bouquet énergétique. Cerise sur le gâteau : en faisant plus de 80 Millions de Dollars d’économie !

Avec une volonté et un engagement fermes dans la durée, Interface fait figure de symbole de changement de paradigme, celui qui réconcilie le formidable pouvoir de l’industrie avec les préoccupations de la société civile. Ray Andreson, a été récompensé par de très nombreux prix et encensé par les ONG environnementales les plus radicales. Il milite pour rendre le pillage des ressources illégal.

 

Le libéralisme contrôlé en plein coeur des Etats Unis :


Avec la mise en place d'un comité pour un contrôle démocratique des sociétés implantées à Arcata : un arrêté municipal y limite le nombre de chaines de restaurants. Son effet immédiat a été de refuser l'implantation d'un nouveau restaurant, le nombre étant atteint...

Les villes de Licking et Porter en Pennsylvanie ont pris une décision historique en adoptant une ordonnance qui interdit aux sociétés de revendiquer les droits constitutionnels d'une personne.

 

Au passage est soulevé un paradoxe : certains américains se méfient du gouvernement, car ils ne comprennent pas qu'ils ont le droit d'y participer, alors qu'à moins d'être actionnaire, on ne peut pas participer à ce que fait une entreprise. Si les gens participaient plus à la vie de la société civile, elle leur appartiendrait à eux, et non aux compagnies...

 

Des gens ordinaires déterminés, réunis par une cause juste, parviennent à faire fléchir des gouvernements et des multinationales :

 

*La Biopiraterie déboutée.

Un brevet déposé par W.R Grace sur l'usage fongicide du neem (arbre dont les propriétés médicinales, cosmétique, fongicides et insecticides sont connues depuis plus de 2000 ans) a été annulé par l'Office Européen des Brevets, après la mobilisation de la société civile indienne, au motif de l'antériorité des savoirs traditionnels.

 

Un autre brevet, sur le riz basmati de RiceTec, a été annulé grâce a une coalition mondiale.

 

S'inspirant de Gandhi incitant à violer les lois que la Grande-Bretagne voulait imposer à l'Inde pour collecter un impôt sur le sel, les indiens ont agi de même vis à vis d'une loi interdisant le stockage des graines. Là-bas, des fermiers résistent à la pression des groupes tels que Monsanto, font pousser leurs graines, les stockent, et n'achètent pas de pesticides. Ils triplent ainsi leurs revenus...

La promotion d'alternatives est une voie pour des changements durables.

 

*Des pouvoirs publics pas si puissants :

Au plus fort des émeutes de Cochabamba en Bolivie, l'armée s'est barricadée, la police est restée dans ses locaux, les membres du Congrès sont devenus invisibles, le gouverneur s'est caché, puis a démissionné. Seul restait le peuple rassemblé dans la rue. « El pueblo unido jamas sera vincido » (« Le peuple uni ne sera jamais vaincu »).

 

Le bon sens finit par avoir un impact. Partout dans le monde, des gens trouvent des alternatives durables là où des compagnies se pensaient incontournables.

 

M. Moore soulève le paradoxe de son métier : faire des documentaires, qui ont un impact sur les consciences va à l'encontre des groupes de média qui l'emploient. Il l'explique par le fait que ce qu'ils voient en premier lieu, c'est l'argent que rapportent ses documentaires. Ils ne croient pas en leur contenu et sont persuadés que les gens ne passeront jamais à l'action.

L'avidité est une faille du capitalisme : « L'homme riche vous vendra la corde pour le pendre s'il peut en tirer un $ »...

 

Pour aller plus loin, selon la volonté des auteurs, le film est visible en streaming et téléchargeable : http://www.archive.org/details/theCorporation_en_st_fr

 

 

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 21:46

 

 

Une fiche de lecture en deux parties sur un documentaire de Mark Achbar, Jennifer Abbott et Joel Bakan, réalisé en 2003, et basé sur le livre de  Joel Bakan : The corporation, the pathological pursuit of profit and power (Les Multinationales, la recherche pathologique du profit et du pouvoir).

 Sa genèse remonte à une série de scandales concernant de grandes compagnies américaines (Worldcom, Enron, Andersen, Merrill Lynch, K-Mart, Tyco, Xerox...), révélant une absence totale de contrôles de leurs comptes et activités.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/4/43/Movie_poster_the_corporation.jpg

 

De 2003 à 2010, on peut se dire qu'il a coulé de l'eau sous les ponts, et s'interroger sur l'intérêt à porter à un tel documentaire. Mais force est de constater que 7 ans plus tard, les choses ont peu évolué...

 

Sa principale particularité est d'aborder l'entreprise comme un être vivant, par le biais de son statut de personne morale. Il donne la parole aux hommes et femmes qui la composent, et interpelle sur la responsabilité de ses impacts globaux.

 

La "compagnie", en tant que société par actions, est présentée à l'image de Frankenstein : une créature artificielle qui a subjugué et a échappé à ses créateurs.

Selon sa stricte définition, c'est une « forme de propriété commerciale. C'est un groupe d'individus qui poursuit ensemble toutes sortes d'objectifs, dont le principal est de faire des bénéfices importants, croissants, constants, en toute légalité pour les propriétaires de l'affaire. »

 

Noam Chomsky fait remonter son origine à celle de la société industrielle, en 1712.

Au départ, elle avait un mandat légal limité. C'était groupe de gens réunis en société pour accomplir une tâche précise. Aux USA, les premières sociétés devaient se plier aux chartes de l'Etat. Le montant du capital, le cadre (production, maintenance, distribution...) étaient fixés par une charte. Rien d'autre n'était possible à ces sociétés. Une société ne pouvait pas en posséder une autre, et les actionnaires étaient financièrement responsables.

Juridiquement, c'était un cadeau du peuple : le but était de servir le bien public. Cela ne veut pas pour autant dire que c'était paradisiaque...


La Guerre de Sécession a représenté un tournant majeur dans son évolution : augmentation du nombre de sociétés, banques et grosses industries, explosion du chemin de fer, aidé par l'allocation de terres par l'Etat.

Les avocats d'affaire ont commencé à pousser pour lever certaines contraintes, en s'appuyant notamment sur le 14e amendement de la constitution américaine.

Cet amendement avait été voté à la fin de la Guerre de Sécession, pour donner l'égalité des droits aux noirs : « Aucun état ne peut priver quiconque de sa vie, de sa liberté ou de ses biens sans procédure légale ». Ayant auparavant réussi à faire reconnaître les sociétés comme des personnes morales, les avocats d'affaire se sont engouffrés dans la brèche. Entre 1890 et 1910, 307 affaires relevant du 14e amendement ont été portées devant les tribunaux. 288 concernaient des sociétés, 19 des afro-américains... (Pour mémoire, 600 000 personnes sont mortes pendant la guerre de Sécession).

 

Une personne morale :

- peut vendre et acheter des biens

- emprunter

- poursuivre en justice et être poursuivie

- faire des affaires

C'est aussi une personne dénuée de conscience morale. Une personne très particulière, créée par la loi pour ne s'occuper que de ses actionnaires mais pas de ses partenaires sociaux, tels que la communauté ou la population active.

Les « citoyens corporatifs » sont différents des humains. Ils n'ont pas d'âme à sauver ni de corps à incarcérer. Leur seul intérêt : les bénéfices.

 

De par la loi, la structure d'une entreprise lui donne une caractéristique étrange et dérangeante : elle l'oblige à placer les intérêts de ses actionnaires au dessus des autres intérêts. Elle doit juridiquement faire passer ses résultats financiers avant tout le reste, même du bien public.

Son seul objectif est le bénéfice à court terme des actionnaires. Ces derniers représentent pourtant une minorité au sein de l'humanité...

 

Une entreprise est d'autant plus rentable qu'elle fait payer ses factures par d'autres, d'où une plus grande influence sur la société civile. C'est ce qu'on appelle les externalités.

Une externalité est définie comme une transaction entre 2 personnes sur une 3e qui n'a rien consenti ni joué de rôle dans la transaction. En vue de réduire les coûts, les problèmes sont transférés vers des sous-traitants. Phénomène accéléré par la contrainte de résultats immédiats...

 

Le documentaire passe ensuite en revue un certain nombre d'études de cas concernant des «maux » infligés à d'autres, imputables aux industries, comme : licenciements, démantèlement de syndicats, incendie d'usines, produits dangereux, déchets nucléaires, émissions de CO2, pollution, produits chimiques, préjudices aux animaux, élevage industriel, expérimentations, préjudices à la biosphère...

 

 

Etude de personnalité


Au fil du documentaire, des exemples et interviews viennent illustrer chaque points sur un formulaire de « Diagnostic personnalisé des troubles mentaux » établi par l'OMS :

 

*Nous commençons par faire la connaissance de Michael Walker, membre de The fraser Institute, un « think tank » spécialisé dans les « solutions business », qui apporte son point de vue tout d'abord sur l'exploitation de la main d'oeuvre des pays pauvres. « Ils n'ont que leur main d'oeuvre bon marché à offrir : on leur achète, c'est bien pour eux ! On les sauve de la faim. » (Les auteurs du documentaire nous apprennent par ailleurs qu'une enquête américaine portant sur les conditions de travail des employés des usines Nike en Asie a révélé que leur salaire ne représentait qu'1/3 d'un pour cent du prix de vente des produits...).

 

[x] Indifférence flagrante aux sentiments d'autrui.

 

 

*Pour Michael Walker, une fois l'entreprise prospère, elle ne peut plus faire de profit, parce que les salaires ont augmenté. « On a épuisé le stock de désespérés ! Ils sont tous en bonne santé. Partons en chercher d'autres, et augmentons leur niveau de vie ! »

 

[x] Incapacité à maintenir des relations durable.

 

 

*A partir de 1940 sont arrivés sur le marché des produits chimiques de synthèse issus de la pétrochimie. Au fil du temps, des signaux d'alarme sur la dangerosité des certains produits sont apparus. On sait aujourd'hui que bon nombre provoquent cancers et autres troubles fumeux...

Bien que le sachant, les entreprises ont essayé de minimiser.

 

[x] Désintérêt criminel de la sécurité d'autrui.

 

 

*Monsanto connaissait, avant leur mise sur le marché, les effets secondaires du POSILAC et du RBGH (hormone synthétique qui augmente la production de lait) sur les vaches : infections des pis, atteintes du coeur, des poumons, des reins... Ils ont été déclarés sans danger par le gouvernement (le pus des abcès des pis se retrouvait dans le lait...).

 

Le POSILAC apparaît, de plus, comme une aberration dans un marché où le lait est déjà surproduit. Cette aberration amorce un cercle vicieux, puisqu'on traite les animaux aux antibiotiques, qui vont à la longue générer des bactéries plus résistantes.

 

[x] Impostures, mensonges répétés, et escroqueries pour faire du profit.

 

*Cas de l'agent orange, produit par Monsanto et utilisé lors de la guerre du Vietnam, qui a été réglé « à l'amiable » (80 millions de $) par Monsanto avec les GI's contaminés. Aucune indemnité versée en revanche aux populations locales, puisque Monsanto n'a jamais reconnu sa culpabilité...

 

[x] Incapacité à se sentir coupable.

 

 

*Création de systèmes destructeurs dans la quête du profit et de l'enrichissement. Les courtiers se moquent totalement de l'environnement : tout ce qui n'est pas une marchandise n'est pas pris en compte. Si le risque encouru est inférieur aux profits, le cas est réduit à une décision commerciale.

Sur cette base, on prélève littéralement un impôt sur les générations futures.

 

[x] Non respect des normes sociales liées aux comportements juridiques.

 

Arrivés au bas du formulaire de l'OMS, on apprend finalement que tous ces points sont constitutifs de ce qui permet de déterminer une pathologie de psychopathe...

 

Si on sait ce qu'il advient d'une personne physique diagnostiquée psychopathe, qu'en est il pour une personne morale ? Qui assume la responsabilité morale des actes énumérés ci-dessus ?

Une société n'a pas d'états d'âme, pas de valeur éthique, mais ceux qui la composent (employés, cadres, actionnaires...) ont des responsabilités morales. (Milton Friedman Prix Nobel d'Economie)

 

Responsabilité et Ethique

Un actionnaire, tout être pensant qu'il soit, se moque complètement de savoir comment agit la direction, ni des conditions de travail : il veut du $. Ce que confirme Sam Gibara, ex-PDG de Good Year, qui déclare avoir été déçu par ce poste, car derrière l'impression de pouvoir, il n'avait pas du tout les mains libres et était tenu par les actionnaires.

Une société ne pense pas. Ses dirigeants, oui. Retranchés derrière « les lois du capitalisme », ils se retrouvent en droit de créer une technologie destructrice, ou allant à l'encontre de la nature et de l'évolution (cas des semences qui ne produisent que des plants dont les grains stériles). Le bénéfice passant avant tout, la fin justifie les moyens, quels qu'ils soient.

Un courtier nous explique alors qu'à toute chose malheur est bon : les attentats du 11/09/2001 ont provoqué une montée en flèche des cours de l'or, et ceux du pétrole ont flambé avec la guerre en Irak. Pas d'éthique pour les marchés...

 

Privatisations

"La richesse n'est créée que si elle est privée". Pour certains, la privatisation devrait pouvoir s'appliquer jusqu'à l'eau, l'air... Qui sont des biens publics universels depuis la nuit des temps. Privatiser un bien public, c'est le soumettre à une tyrannie inattaquable.

Noam Chomsky explique que le domaine public peut se permettre d'être présent à perte sur certains marchés, en jonglant avec les bénéfices faits par ailleurs. Maintenir l'emploi pendant les récessions, permet de faire augmenter la demande et permet d'en sortir, là où une entreprise privée licencie et aggrave la situation.

Michael Walker nous explique que polluer l'environnement a maintenant un prix, avec les quotas de CO2, et autres gaz... Il pense que si tout avait un prix, la vie serait idyllique. Rendre privée la propriété de chaque cm² de la planète, chaque m3 d'air, d'eau, serait la solution à plein de problèmes, car l'intérêt de garder la terre propre appartiendrait à un groupe...

 

Influencer dès le berceau...

Au cours des trente dernières d'année, les enfants sont devenus une cible privilégiée de la publicité.

Dans une étude durant 3 semaines, on a demandé à un groupe de parents de noter le nombre de fois où leurs enfants les harcelaient pour un produit. Il en est ressorti que 20 à 40 % de leurs achats étaient dus aux harcèlements des enfants.

Cette étude était diligentée par une agence de publicité, pour augmenter l'efficacité des pubs...

Les consommateurs sont manipulables. Les vendeurs jouent sur la vulnérabilité des enfants. Si pour cela, il faut embaucher un psychologue, l'entreprise le fait. Considérés comme les consommateurs de demain, on crée un lien, et une fois adultes, « on les tient »...

Interviewée sur ce point, Lucy Hughes, (vice-présidente de Initiative Media, Co-createur de The Nag Factor) déclare « J'ignore si c'est moral, mais si on vend un produit de manière créative, par la voie d'un media, alors on a fait notre boulot ». Les gens doivent être transformés en consommateurs abrutis de produits dont ils n'ont pas besoin. Il faut leur inculquer une philosophie du futile.

 

...et plus tard

La manipulation mentale, via des méthodes éprouvées est là pour donner la foi en chaque entreprise, quelle que soit ses valeurs. Plus qu'un produit, la compagnie, via la publicité, en vient à vendre un mode de vie, à l' exemple des villages Disney, il y a construction d'une image dans le prolongement du produit.

 

De plus en plus loin...

Au début des années 80, le professeur Chakrabarty & General Electrique ont fait breveter un microbe mangeur d'hydrocarbures, sous l'argument de sa modification génétique. Après plusieurs renvois de la décision en appel (car le bureau des brevets refusait de breveter le vivant), le brevet a été accordé. Sept ans plus tard, ce même bureau des brevets autorisait, avec l'appui de la cour suprême, à tout breveter sauf l'humain. Aujourd'hui, des compagnies font breveter tous les gênes qu'elles trouvent... Aussi impensable que cela puisse paraître, au nom des lois du marché, on s'avance vers une appropriation totale des génomes de toutes les espèces vivantes par de grands groupes...

 

L'influence des compagnies sur les medias

L'émission « les enquêteurs », sur Fox News, s'est penché sur le cas du Posilac, révélant que tous le lait de vache produit en Floride était contaminé, et décortiquant toute la stratégie de Monsanto pour obtenir son autorisation de mise sur le marché. Après avoir reçu des menaces de poursuites des avocats de Monsanto, la chaîne a jugé le reportage trop compromettant, et a refusé de le diffuser.

Les journalistes ont protesté, et Monsanto a fait pression sur la chaine... Celle-ci a alors proposé aux journalistes de procéder à une première réécriture du reportage, supervisée par ses avocats, puis d'acheter leur silence, la destruction du reportage et leur départ... Elle finira par licencier les journalistes quelques mois plus tard, après 83 réécritures du reportage.

Un premier procès est gagné par les journalistes, et Fox News condamné à leur verser 425 000 $ de dommages et intérêts. Fox News fait appel est soutenue par 5 sociétés de média. 3 ans plus tard, je jugement est cassé : la cour jugeant que la falsification du reportage n'était pas illégale...

 

Collusions

En 2000, lorsque la Bolivie a demandé des fonds à la banque mondiale pour moderniser son système de distribution d'eau, celle-ci a donné son accord, sous réserve de privatisation du cette activité. Il en a résulté un accord entre le gouvernement et la compagnie de traitement des eaux prévoyant une interdiction totale (sous peine de poursuites) de d'utiliser une autre source d 'eau que celle distribuée (collecte de l'eau de pluie interdite !).

La révolte ne s'est pas fait attendre, donnant lieu à de nombreuses émeutes, notemment à Cochabamba. Sous la pression de la population, le gouvernement a plié et les lois ont été abrogées, mais la banque mondiale a obligé le pays à privatiser le pétrole, les chemins de fer, l'électricité, le téléphone...

 

Sont aussi abordés les troubles rapports entre les sociétés et les régimes totalitaires.

Beaucoup d'entreprises américaines ont participé à la reconstruction de l'Allemagne d'après la 1ere guerre mondiale, même pendant la montée du nazisme. Le Fanta, a ainsi été créé par Coca-Cola spécialement pour l'Allemagne nazie, de même qu' IBM a vendu des systèmes de cartes perforées qui ont été une pièce importante de la machinerie d'extermination mise en place alors. Chaque système devant être paramétré par un ingénieur, les cartes portant des mentions spécifiques étant imprimées exclusivement par IBM, et les machines révisées une fois par mois, l'entreprise ne pouvait pas ne pas savoir à quel utilisation étaient destinées ses machines.

 

Qui détient le pouvoir ?

Le général Smedley Butler, du corps des marines des Etats-Unis publie en 1935 « War is a racket », dans lequel il explique qu'au cours des ses 33 ans de carrière, avoir passé la majorité de son temps à jouer les gros bras pour le monde des affaires, Wall Street, les banques, sucreries, compagnies fruitières (Mexique, Haiti, Nicaragua, Republique Dominicaine, Honduras, Chine...)

 

Dans les années 30, le président Roosevelt a voulu durcir la réglementation des compagnies, afin de lever des fonds et remédier à la grande dépression consécutive au krach de 1929. Le new deal n'a pas fait l'unanimité parmi les industriels, dont certains, en 1934 ont tenté un complot pour renverser Roosevelt. Dénoncé par Butler, le complot sera confirmé par une enquête du congrès. Selon lui, des représentants de firmes comme Good Year, JP Morgan, et DuPont étaient impliquées...

 

Aujourd'hui, de tels moyens ne sont plus de mise : de par l'envergure internationale des plus puissantes sociétés, les gouvernements n'ont plus la main sur elles. Le capitalisme commande désormais les hautes sphères du pouvoir, et a, sur bien des aspects, supplanté les politiciens.

Aux USA, les moyens gouvernementaux comme les services de renseignement, sont mis à la disposition des grands groupes.

 

Le reportage -heureusement- ne se borne pas à dresser le portrait d'un Frankenstein incontrôlable et invincible. Le documentaire prend une tournure plus optimiste, et la seconde partie présente des exemples qui donnent des raisons de ne pas sombrer dans le pessimisme.

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 19:53

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Travailler plus…


Les chiffres du ministère du travail, pour le quatrième trimestre 2009, nous apprennent que les employés des entreprises de plus de 10 salariés on effectué, en moyenne, 10,5 heures supplémentaires sur cette période (1).


Dans son article « Il n'y a jamais eu autant d'heures sup' qu'aujourd’hui…» du 09 avril 2010,  Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives Economiques réagit à ces chiffres,  faisant remarquer que les 167 millions d'heures supplémentaires enregistrées au troisième trimestre 2009 représentent l'équivalent de 420 000 emplois à temps plein, et les confronte aux 4 425 000 personnes inscrites au pôle emploi (à un titre ou à un autre) en février 2009 (2).

On peut effectivement s'interroger sur la cohérence de travailler plus, quand à côté d’autres n’ont pas de travail...


Ces statistiques très officielles permettent le calcul ci-dessus, mais qu’en est-il de toutes les heures qui ne sont pas comptabilisées?

Dans bien des sociétés, ce qui devrait se produire pour absorber un « petit coup de collier » ponctuel est sournoisement devenu une norme, un symptôme parmi d'autres, d’une politique de réduction à outrance des coûts.


Dans certaines entreprises, il n’y a pas de RTT : les salariés travaillent 7 heures par jour, 5 jours par semaine. Durant 3 ans, dans une telle entreprise, de par l'organisation qui était la sienne, des effectifs déployés et de la charge de travail, arriver avant 09h et partir après 19h était mon lot quotidien. Aucune rétribution pour ces heures supplémentaires. Une situation que connaissent bien d’autres, et avec des horaires souvent bien plus étendus, quand il n'est pas question de ramener du travail à la maison...

Considérons, pour l’exemple, 2h/jour, ce qui représente une moyenne « gentille » pour l'époque évoquée ci-dessus, et 47 semaines travaillées par an (52 semaines - 5 semaines de congés payés). Cela nous donne le calcul suivant :

10h sup/semaine x 47 semaines  = 470 heures par an.

470 heures, c'est un peu plus de 13 semaines de 35h, soit plus de trois mois de travail, donnés à  l'entreprise chaque année. Pour l’entreprise c’est une économie de 4 mois de salaire (ce que représentent 470 heures majorées de 25%, soit 575 h) … Il serait malhonnête de ne pas évoquer les primes de fin d’année, touchées en décembre, mais elles n’ont jamais atteint un mois de salaire. Aujourd’hui, au nom de l’uniformisation des entreprises du groupe, elles ont purement et simplement disparu.

Au rythme de 2 h sup’ par jour, c’est un an de salaire perdu (et non cotisé) tous les 3 ans ! Sur cette base, libre à chacun de faire le calcul propre à son cas…

La loi TEPA de 2007 (3) n'a rien changé : aux plus hauts niveaux de cette entreprise, le mot d'ordre (jamais écrit, mais largement diffusé aux cadres...) a été de ne pas payer d'heures supplémentaires au motif que les salariés allaient en faire exprès...

Le seul écrit diffusé stipule que elles sont à l'initiative du responsable (qui a pour directive d'en valider le moins possible !).


Ces heures n'étant répertoriées nulle part, je doute qu'on trouve des statistiques qui pourraient compléter les calculs de Guillaume Duval. C'est pourtant une réalité.


…pour quels résultats ?


J’ai toujours été « un bon soldat », consciencieux et dévoué, et travailler plus ne m'avait jamais posé de problème, dès lors qu'il y avait un minimum de retour de la part de mon employeur. Pareil contexte de non-réciprocité m’a conduit, sauf cas très exceptionnel (« coup de collier »…), a avoir curieusement un emploi du temps très rempli, ne me permettant que rarement de rester à mon poste au delà de 17h le soir. A défaut de "m'enrichir" en travaillant, j'ai choisi d’enrichir  ma vie personnelle (et à être ouvert aux opportunités ;o). Il n'y a aucun cas de conscience à avoir, dès lors qu'on remplit les engagements de son contrat de travail.


Comme on le voit, le résultat est loin -très loin- de l'objectif initial d'augmentation de la compétitivité... Tout comme celui de l’augmentation du pouvoir d’achat d’ailleurs !


La politique du «faire plus avec moins» et le manque de reconnaissance de l’investissement de chacun vis-à-vis de son travail, génèrent d'énormes frustrations et scient la branche sur laquelle l’entreprise est assise : un mécanisme dont on n'entretient pas les rouages, finit par se gripper...


On taxe le français d’une réputation de râleur, mais combien d'entreprises essaient d’en faire un supporter ?

Quand l’entreprise ne communique pas, ne donne aucune perspective, que le salarié n’a pas de reconnaissance, le bulletin de salaire est le dernier élément qui le relie à son patron. Et quand le chiffre en bas à droite de cette dernière reste au même niveau pendant plusieurs années (ou évolue à peine) en regard de l’engagement et des efforts fournis, voire ne suit pas les évolutions de poste, le seul message qu'entend le salarié, c'est qu'il n'est pas considéré.  Même les éléments les plus motivés finissent par baisser les bras, face à une structure qui ne se donne pas les moyens de ses ambitions.


L’entreprise n’a-t-elle aucune autre alternative que de rogner sur tout pour conserver une certaine compétitivité dans le contexte économique actuel ? La « re-localisation » vers la France d’entreprises qui avaient délocalisé en Europe de l’est, ou ailleurs, semble montrer que ça n’est pas qu’une simple question d’arithmétique.


D’autres modèles


Un employé est productif quand il s’épanouit dans son travail. Il s’investit quand il y trouve du sens et est considéré. A ce stade, les rapports employés/employeur prennent la forme d'un partenariat : quand la boucle vertueuse est amorcée, c’est tout le monde qui y gagne, à commencer par l’entreprise. Par ailleurs, « le métier n’est pas qu’une source de rémunération : il est partie prenante de l’épanouissement personnel, de l’intégration et du lien social. Ce lien essentiel avec le travail place l’entreprise au cœur des solutions. » (4).


Dov Charney, créateur d'American Apparel, fabricant de T-shirts éthiques en Californie depuis 1998, démontre que sans délocaliser sa production dans un autre pays, en payant ses salariés 50 % au dessus du salaire minimum local, en leur offrant une très bonne couverture sociale, en subventionnant les repas et titres de transport, on peut être un des leaders de son marché (5).

Il propose en outre de nombreux autres avantages comme des cours d'anglais (ses employés sont en grande majorité hispanophones), des téléphones gratuits pour appeler aux Etats-Unis, et même des séances de massage lors des pauses !

Comment parvient-il à être rentable ? Il se démarque par une qualité de produits irréprochable,  une très grande réactivité face aux changements de mode et aux commandes urgentes de ses clients. Là où une entreprise basée en Chine où en Haïti réagit en plusieurs semaines, American Apparel le fait en quelques jours. Et les clients apprécient.

Des employés biens traités, et motivés par un projet d'entreprise humaniste ne rechignent pas à travailler plus quand il faut traiter des commandes de dernière minute... Fait significatif, les banques se bousculent pour financer le développement de la société (CA 2004 : 140 millions d’euros) dont les points de vente fleurissent partout dans le monde, et dont le modèle économique était salué en 2004 par Times Magazine, le New Yorker et CNN. Le « turn-over » y est 2 fois moins important que partout ailleurs dans le secteur et les candidatures spontanées affluent.

L'aspect éthique a depuis évolué, en offrant des produits issus de la culture du coton biologique (non-OGM). Devenant principal consommateur de coton biologique aux Etats Unis, American Apparel fait déborder la spirale vertueuse hors de ses murs, car, assurant  une demande croissante (la production de produits en coton bio devrait passer de 20% en 2010 à 80% d’ici 2012), il convainc de  nouveaux fermiers de basculer sur une culture biologique plus rémunératrice, et surtout plus respectueuse de la santé et de l'environnement.


Ces idées ne sont pourtant pas nouvelles : en 1910, Henry Ford, malgré les critiques des industriels et de Wall Street, augmentait les salaires de ses employés pour s'en attacher les services. Loin d'en pâtir, l'entreprise n'en a tiré qu'avantages. Henry John Heinz, à la fin du 19e siècle, bien avant Dov Charney, soucieux du bien être de ses employés, leur offrait un suivi médical et les faisait bénéficier de nombreux avantages. En 2010, Heinz est toujours N°1 dans la fabrication de sa légendaires sauce tomate....

Plus proche de nous et de taille plus modeste, Interval Export (6), société française, spécialisée dans l’export de produits fromagers régionaux hauts de gamme, applique les principes de la Qualité Globale à Dimension Humaine © (7) et a une croissance positive. Elle démontre qu’« entreprise sans stress » est  compatible avec performance, en affichant haut et fort des valeurs telles que solidarité, honnêteté et transparence, la qualité avant la quantité, la priorité à l’humain, et le respect de l’environnement. Avec des ambitions visant à préserver et développer le patrimoine culinaire français, créer et dupliquer un modèle de gestion d’entreprise sans stress, et faire partager ses valeurs au plus grand nombre possible, on voit une nouvelle fois que l’influence de l’entreprise dépasse de beaucoup les limites physiques de ses locaux.


On y retrouve en grande partie les principes fondamentaux de l’éthique, qui prennent en compte les besoins suivants (8):

- La santé

- La sécurité

- L'équilibre et le bien être de vie

- Le respect de la personne

- L’intégration dans le groupe et non pas l’exclusion

- L’accès à la connaissance

- La réalisation de soi et la concrétisation d’un projet de qualité pour chacun.

 


La résistance au changement, évoquée dans « Donner du sens » (9), et le manque d'information sur l'existence et le fonctionnement de telles entreprises, peuvent faire paraître ces quelques exemples anecdotiques. Cependant, ils montrent que les règles du marché ne sont pas lues de la même façon par tous, et que des modèles à la fois plus humains et plus rentables existent et fonctionnent.


Celles et ceux qui créent de telles entreprises, ou qui font évoluer la leur dans ce sens, refusent le fatalisme ambiant, croient en des modèle plus cohérents, et n'ont pas peur d'essayer des idées qui vont à contre-courant de celles admises par le plus grand nombre. Et ça marche.


Alors, on essaie ?


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(1)   http://www.travail-solidarite.gouv.fr/etudes-recherche-statistiques-de,76/etudes-et-recherche,77/publications-dares,98/dares-analyses-dares-indicateurs,102/2010-018-les-heures,11543.html

(2)   http://www.alternatives-economiques.fr/index.php?lg=fr&controller=article&action=html&id_article=48830&id_parution=633

(3)   Loi du 21 août 2007 en faveur du Travail, de l’Emploi et du Pouvoir d’Achat

(4)   Bien-être et efficacité au travail – 10 propositions pour améliorer la santé psychologique au travail. http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/104000081/index.shtml

(5)   80 Hommes pour changer le monde – S. Darnil & Matthieu Le Roux  

(6)   http//:www.intervalexport.com/202.html

(7)   http://www.recherches-et-evolution.com/la-qualite-globale-a-dimension-humaine 

(8)   Recherches & Evolution - Pédagogie Edel Gött ©

(9)   http://pacific-warrior-fr.over-blog.com/article-donner-du-sens-44468350.html<!--[endif]-->

 

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 21:17

Un film de plus sur l'environnement ? Il y a des choses qu'on comprend vite, mais qu'il faut répéter longtemps ;o)

Le film alterne vérités percutantes sur aberrations et injustices, avec initiatives simples, géniales et efficaces.
Un an de tournage, deux ans de montage, 170 heures de rush et deux ans de montage, pour en extraire une heure et cinquante trois minutes d'images.

Oubliez Hollywood : c'est un documentaire, filmé camera à l'épaule (ça se voit parfois...;o).
Du côté des critiques, on lit du pour et du contre, mais ce film a celà de remarquable, de montrer que des gens, à leur humble niveau, ont une influence sur le cours des choses. Il est frappant qu'une grande part des initiatives présentées sont prises dans dans des pays dits "sous-développés" ! La résistance aux multinationales, via des solutions non-frontales, par l'autonomie est possible et simple...

Les critiques, ne restent qu'au stade des mots : pendant les "championnats du débat d'idées", avec son cortège de divisions, comparaisons et envolées littéraires, l'horloge tourne, le sol se meurt et les agriculteurs disparaissent.
Pardonnez-moi l'expression, mais à se "branler le cortex", il ne ressort rien de fécond !

L'heure est à l'action et aux initiatives, et c'est le principal message de "Solutions locales pour un désordre global".

 

http://global.arte.tv/fr/wp-content/uploads//Solutions-locales.jpg

"Les films d'alertes et catastrophistes ont été tournés. Ils ont eu leur utilité, mais maintenant il faut montrer qu'il existe des solutions, faire entendre les réflexions des philosophes et économistes, qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s'est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives."  Coline Serreau

Film complet :

https://www.youtube.com/watch?v=3q_xzQ7pRi4

 

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 19:53

Voici une initiative passionnante à déployer et démultiplier le plus largement possible :

 

http://www.fimb-asso.org/fimb/images/fimb/actus/flash_action/Edel.jpg


Une semaine de célébration, de promotion, d'information, de démultiplication d'initiatives concrètes menées sur la planète entière contribuant à créer un monde meilleur.

Un mouvement qui donne le pouvoir à tous, le pouvoir d'exprimer concrètement leur envie et leur potentiel de contribuer à un monde meilleur :

 

  • - Avec un principe fondamental : le respect par chacune des actions menées des besoins fondamentaux des êtres humains,
  • - Et une grande liberté dans les modalités de contribution.


Pour plus d'informations, (et d'inspiration) :

http://the-planetary-week.ning.com

 

 

Prochaine édition (5e) : du 07 au 15 juin 2014.

 

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 18:13

En première année de BTS, j’avais eu cette réflexion vis à vis du patron de l’entreprise dans la quelle j’effectuais mon stage : « il ne travaille pas pour vivre, mais il vit pour travailler ». Je ne comprenais pas. Avec tout ce qu’il y avait à faire, voir, découvrir à l’extérieur – mes rêves d’alors étaient faits d’aventure, d’horizons lointains, d’expéditions… Comment pouvait-on consacrer tout son temps à son travail ?

Les années ont passé, et j’ai été happé, comme beaucoup d’autres, par le tourbillon de la vie professionnelle… De ma « fougue d’antan » m’est restée l’envie de m’investir, de bien faire mon boulot, de prendre des initiatives. Débrouillard et de bonne volonté, on m’a petit à petit confié des tâches de plus en plus ardues, dans lesquelles je me suis investi avec cœur.

C’est là que « les problèmes » ont commencé, avec la rencontre des aberrations et contradictions du système. Devoir mettre les bouchées doubles quand on est en fin de chaîne, et assumer les  responsabilité de ceux qui n’ont pas pris les leurs en amont. Etre en  permanence en « mode pompier », tout en ayant des livrables à rendre à échéances hebdomadaires. Assumer les conséquences d’un contrat mal ficelé et signé trop vite. Devoir composer avec une hiérarchie qui en a le titre mais pas les compétences, et qui ne me soutient pas. Etre parachuté dans de nouvelles responsabilités, dans une organisation nouvelle, sans préparation ni recul. Devoir combler les lacunes du système. Faire beaucoup avec rien.…

La liste n’est pas finie, et je pourrais continuer ainsi longtemps !

Mon enthousiasme s’est petit à petit amenuisé, émoussé, entre autres, par tous ces exemples.


Dans l’entreprise d’aujourd’hui, le temps manque et la fatigue augmente. Parallèlement, on n’a plus l’énergie ni l’envie de sortir, de faire du sport, de se défouler, de vivre pour soi… L’hygiène de vie se dégrade. Au début, jeunesse et bonne santé aidant, on ne s’en rend pas compte. Avec le temps, les déséquilibres deviennent palpables. On ne tire plus de satisfaction de l’activité qui occupe la majeure partie de notre temps. On rumine, humeur et ambiance se dégradent, tant au travail qu’à la maison. La vie privée est mise entre parenthèses…


J’ai plusieurs fois « pété les plombs ». La toute première, je n’ai pas compris ce qui m’arrivait : j’ai envoyé balader un collègue au téléphone, et ai cassé le combiné en raccrochant. M’isolant aux toilettes, j’étais pris de tremblements, larmes… J’ai dû aussi envoyer quelques coups de poings dans les murs… Je vous passe les détails.

Quelques années plus tard, dans une autre entreprise, soumis une pression croissante, j’ai claqué la porte de l’open space où je travaillais avec 8 autres collègues, après une « engueulade croisée » avec un client et une collègue. Plus tard encore, je me suis retrouvé chez mon médecin, surpris de me mettre à pleurer en lui parlant de mon boulot. C’est là que j’ai fait connaissance avec le lexomil… On m’en a prescrit 2 autres fois.

Pas partisan de cette solution, je dois reconnaître que cette béquille m’a aidé. Mais comme toute béquille, elles ne doit avoir qu’un rôle temporaire. Comme me l’ont dit mon généraliste et un médecin du travail : « Votre surinvestissement sert à masquer des carences organisationnelles, et tout le temps supplémentaire que vous donnez à votre patron, c’est un cadeau. Qui refuserait un cadeau ? La première personne qui peut poser des limites, c’est vous-même. »

Poser des limites a été long, et il m’a fallu d’autres « alertes » pour y arriver.

Je me suis rendu compte que, quelle que soit l’heure à laquelle je partais, il restait toujours du boulot à faire : à quoi bon rester jusqu’à 20h ou plus ? En partant à une heure normale, j’étais plus frais le lendemain et donc plus efficace. Par plus efficace, il faut comprendre, non seulement  plus productif, mais aussi capable de prendre du recul et d’analyser la situation. J’ai ainsi pu envoyer un certain nombre de synthèses et d’alertes à ma hiérarchie. En paix avec ma conscience, je faisais de mon mieux, avec les moyens à ma disposition. Je rendais simplement compte de la situation. Ma hiérarchie n’a pas, ou peu, réagi à mes alertes. Les effectifs et la charge n’ont pas évolué. Mon surplus de travail, qui n’était pas traité, m’a rattrapé quelques mois plus tard, devançant de quelques semaines ma dernière alerte qui s’est terminée aux urgences. J’avais depuis quelques temps des douleurs intercostales d’origine nerveuse, et je reprenais ponctuellement du lexomil. Au bout de 2 semaines, une sensation de malaise et une douleur dans la poitrine que je n’avais jamais expérimentée est apparue. Admis aux urgences à 14h30, je n’en ai été libéré qu’environ 6 heures plus tard, c’est à dire après 3 prises de sang, 3 électro-cardiogrammes, et une radio thoracique... Ajoutés à la douleur thoracique, mes 17 de tension et 110 pulsation minutes au repos étaient de sérieux symptômes d’un possible infarctus ! A 36 ans, 1m72 pour 65 kg, en ayant une vie relativement saine, ça détonnait un peu... Les examens se révélant (heureusement) négatifs, le diagnostic s’est finalement orienté vers une crise d’angoisse carabinée.

Une semaine plus tard, je suis arrivé un matin au boulot avec envie de rien. Tout m’emmerdait. Je n’avais pas envie de répondre au téléphone, ni de faire quoi que ce soit. J’avais envie de pleurer, je tremblais… J’ai alors envoyé un mail laconique à ma direction, où je disais que je n’étais pas fier du bilan que je faisais de l’année écoulée, que j’avais donné tout ce que je pouvais à mon poste, et que mes limites, tant physiques que morales étaient atteintes. Je terminais en leur demandant un rendez-vous urgent.

Le rendez-vous a eu lieu, et j’ai finalement changé de poste. Les choses se sont bien terminées, et avec le recul, ces années ont été très formatrices.


Combien de personnes vivent cela quotidiennement ? Combien arrivent à prendre du recul et analyser pourquoi elles sont si mal ? Combien arrivent à mettre des mots là-dessus et à en parler ? Combien de gens ont peur de réagir ? Cette situation est-elle normale ? Est-il normal de donner 50 heures par semaine à un employeur qui n’en paye que 35 et ne donne pas de RTT ? Est-il normal qu’une hiérarchie mette sous-pression en permanence un personnel qui est déjà à fond ? Est-il normal de mettre en doute ses capacités, alors qu’on fait déjà le maximum ? Est-il normal d’aller au travail chaque matin en traînant les pieds et d’avoir un nœud à l’estomac à chaque fois qu’on y pense ?


Aujourd’hui, pour décrocher un marché, l’entreprise propose les tarifs les plus bas possible et s’engage à livrer produits et prestations dans des délais record. Afin de garder une marge « acceptable », il n’y a pas de nouvelle embauche, pas d’investissement dans des outils adaptés, pas de paiement d’heures supplémentaires… La crise a bon dos.

A la source du malaise, l’entreprise ne se donne pas les moyens de ses ambitions, et ce sont les salariés que l’on met en sur-régime, de l’ouvrier au cadre. Le progrès technologique, sensé « nous sauver » a créé des outils formidables, qui permettent une communication instantanée. Mais cette instantanéité a un redoutable revers : on se doit d’être toujours disponible et apporter des réponses immédiates. Délais serrés obligent, il faut des résultats rapides, tout en se formant sur le tas... La reconnaissance est souvent symbolique, quand elle existe…

Là où certains responsables n’en ont plus que le titre, on pratique le « rejeter la faute sur quelqu’un d’autre ». On vit dans la peur, et on se « blinde », en évitant de prendre des initiatives ou des décisions. La méthode de « la patate chaude » mine à petit feu, et le sentiment d’injustice s’invite à la fête. On finit par se résigner à un mode de fonctionnement dénué de bon sens…

Il y a là un gâchis énorme : combien de talents, bonnes volontés, sont ainsi tués dans l’oeuf ? Fait-on des statistiques sur les idées et innovations qui, ainsi, ne voient pas le jour ? La quantité d’énergie humaine dépensée est colossale en regard des résultats... C’est un gâchis pour l’entreprise, mais aussi pour la société, car c’est l’assurance maladie qui paie les pots cassés…


Selon l’ Agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au Travail, « le stress est ressenti lorsqu’un déséquilibre est perçu entre ce qui est exigé de la personne et les ressources dont elle dispose pour répondre à ces exigences. » Irritabilité, insomnies, troubles de la mémoire, abus de drogues, d’alcool, troubles cardiaques… Les conséquences en sont innombrables.

« Le nombre de personnes souffrant d’un état de stress causé ou aggravé par le travail va continuer à augmenter », soulignent les responsables de cette agence. Notamment à cause des changements qui interviennent dans le monde du travail : réduction des effectifs, flexibilité, précarisation…

Selon l’OMS la dépression est actuellement dans le monde la quatrième cause mondiale de handicap, avant mêmes les maladies cardiaques. Dans les pays développés, elle vient au deuxième rang, tout de suite après les maladies cardiaques et précède les atteintes cérébrales vasculaires. (1)


Le système actuel attribue une valeur aux gens en fonction de leur productivité. Le management a délégué son jugement à des indicateurs, outils statistiques, et autres modèles mathématique, qui restent ce qu’ils sont : des outils. La plupart des malaises naissent de ce mode de mesure, totalement déphasé des compétences et de la réelle valeur humaine des personnes. Des réactions aussi désespérées que les suicides indiquent la profondeur de la remise en cause qui est induite chez les individus. Ils se heurtent, par ailleurs, à l’inertie de l’entreprise, au manque de communication, à un contexte de crise où on se dit qu’ailleurs, ça n’embauche pas plus et que le climat doit être identique. Ayant en parallèle une famille à nourrir, un loyer, des crédits, impôts et factures à payer, ils se sentent coincés. Dans pareille situation, l’individu n’ayant pas de solution de sortie et ne voyant pas changement à court ou moyen terme, le stress prend alors la direction de ce que la médecine appelle l’inhibition de l’action (2). Lorsqu’elle se prolonge, c’est le « stress au long cours », avec son cortège de maladies psycho-sommatiques, telles que dépression, maladies cardio-vasculaires, cancers,  toxicomanies, ou encore tendances suicidaires, « où l’agressivité se tourne vers le seul objet envers lequel la socioculture ne peut interdire l’action, c’est à dire le sujet lui-même… » (3)


Laisser sa santé se dégrader, ou se laisser miner au point de vouloir mettre fin à ses jours en vaut-il la peine ?

On se trompe de référentiel. Sur l’échelle de valeurs de la productivité, quelle est celle de Mère Thérésa ? La comparaison avec un capitaine d’industrie a t’elle un sens ?


Les RH commencent (discrètement, car le sujet est sensible, puisque médiatisé) à réagir. Nous pouvons cependant, sans attendre, agir à l’échelon individuel, par la prise de recul qui permet dans un premier temps de relativiser, et dans un second temps d’analyser et alerter, pour enfin trouver des solutions. Cette démarche individuelle est encore marginale car pas du tout ancrée dans notre culture. « L’assistanat perpétuel conduit à une démission de l’individu qui recherche systématiquement une réponse collective, même quand la solution passe par lui. […] Il faut lui rendre sa responsabilité, son envie d’agir, son devoir de réagir.» (4)

 

Comprendre ce qui se passe.

Le stress, selon H. Selye (« inventeur » du mot, en 1936), désigne à la fois l’agression et la réaction physiologique à l’agression. Si les formes d’agressions peuvent être multiples (physiques, psycho-émotionnelles, socioprofessionnelles…), la cascade de réactions neuro-hormonales déclenchées dans l’organisme est unique : c’est le syndrome général d’adaptation (SGA). Son but, inscrit dans nos gênes depuis la nuit des temps, a pour finalité de nous soustraire, par deux voies possibles, à l’agression : la fuite ou la lutte. Lorsque ces deux options ne sont pas disponibles, comme souvent dans le monde professionnel, la troisième voie, est, comme on l’a vu plus haut, l’inhibition de l’action.

Pour employer une image, cela nous met dans le même état qu’une voiture dans laquelle on enfonce simultanément les pédales de frein et d’accélérateur : non seulement on n’avance pas, mais la pression monte dans les durites, le moteur chauffe, la mécanique n’apprécie pas du tout. Si la situation se prolonge, il va y avoir de la casse… A l’issue d’une journée stressante, où le SGA a tourné à plus ou moins plein régime, et où l’inhibition a empêché tout passage à l’action, l’organisme a libéré dans le sang son lot d’adrénaline, noradrénaline, cortisol…(5) .

Si nous n’avons pas d’exutoire pour brûler tout cela, le corps va tenter comme il le peut d’évacuer physiquement, la frustration. A l’image des contraintes mécaniques de notre voiture, peuvent apparaître raideurs, courbatures, lombalgies, torticolis… Si la situation perdure, des pathologies plus sérieuses peuvent survenir, tout comme des désordres psychologiques. Si l'adage dit "bien dans son corps, bien dans sa tête", il fonctionne aussi dans l'autre sens : le mal-être physique influe sur le moral, qui lui-même induit le mécanisme ci-dessus. Ainsi se met en place un cercle vicieux...


Premier constat : cette réaction est naturelle et génétiquement inscrite. Nous ne sommes donc pas plus fous ou fragiles que les autres ! L’autre bonne nouvelle c’est qu’on peut faire redescendre la tension en passant à l’action : en faisant du sport bien sûr, mais aussi via toute autre activité physique dans laquelle on trouve satisfaction. Quelques minutes de défoulement sur un sac de frappe constituent un bon moyen de faire passer sa colère, et de retrouver des idées plus saines. Notre entourage nous en sera reconnaissant, et s’y mettra peut-être aussi ! Le sac de frappe a aussi ses vertus quand on se sent déprimé : même si les premiers coups sont « mous », nous découvrirons vite que « l’appétit vient en mangeant », et qu’il y a des choses à décharger…


« La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent. » (6) : Si rien ne change, il faut s’y prendre autrement.

Comme on l’a vu, le système d’évaluation de l’entreprise impacte principalement l’image de soi. A ces références externes (auxquelles s’ajoutent souvent inconsciemment celles des médias, les croyances populaires, sociétales, religieuses, ethniques ou familiales…), substituons notre repère intérieur : soyons conscients de notre valeur, rappelons-nous de nos réalisations, de notre parcours, de nos qualités humaines, de toutes les choses que nous savons faire, de ce que nous faisons bien, facilement et avec plaisir. Notre parcours nous a peut-être mené dans un domaine qui nous est inconnu, ou qui, tout simplement, ne nous plait pas. Volontairement ou pas, là n’est pas le problème : donnons-nous le droit à l’erreur. Il n’y a pas d’échec, il n’y a que des expériences. Plus on essaie de choses, plus la probabilité de faire des erreurs augmente, mais la diversité des expériences constitue une richesse inestimable.

Au final, nous obtenons une image de soi beaucoup plus objective et ne prenons plus à notre compte les jugements de valeurs qui peuvent émaner de l’extérieur. Nous pouvons nous affirmer, c’est à dire être à notre place.


Comme déjà évoqué, la fuite et la lutte sont rarement des options disponibles : on ne peut va pas en venir aux mains avec nos collègues, ou quitter avec fracas une salle de réunion. En revanche ce qui n’est pas à sa place doit y être remis. C’est juste. Il faut le dire.

Là est le passage à l’action.


Identifions donc les dysfonctionnements qui minent notre qualité de vie au travail, et écrivons-les. Dans un premier temps, pas de censure : on vide notre sac. Ensuite, plus posément, replaçons-les par rapport à notre mission. Par exemple : « quand tel livrable en amont est en retard,  je n’ai plus assez de temps pour tenir mes engagements », « je suis souvent dérangé pour des demandes qui sortent de mon scope », « je reçois des directives contradictoires », « je ne me sens pas respecté »… Cet exercice permet de mettre des mots sur nos ressentis, et mettre à plat des arguments factuels, qui seront plus facilement entendus que « c’est le bordel, je suis débordé, on me prend pour… ».


Les dysfonctionnements ne sont que des symptômes : à la « source du mal », il y a l’humain.

Une organisation peut être magnifique sur le papier, mais elle reposera toujours sur des acteurs humains. L’entreprise, les organisations, les procédures, sont des créations humaines. Ce que l’homme a fait, il peut le défaire. Prendre ses responsabilités, c’est reconnaître cela, et agir quand il le faut pour procéder aux modifications qui s’imposent.

Dans un premier temps mettons en avant les dysfonctionnements, exposons ce que nous ressentons. Proposons ensuite des solutions : un supérieur appréciera toujours. Car le propos ici, n’est pas de s’opposer en bloc à la marche de l’entreprise, mais de réorienter une stratégie inadéquate et génératrice de non-qualité. L’alerte doit éclairer le management sur les choses qui ne sont pas à leur place, et déclencher la recherche de solutions. C’est un positionnement de partenariat, où le potentiel de chacun peut s’exprimer, en visant à la réussite de l’entreprise, et ce dans les meilleurs conditions pour chacun. Même le plus blasé des employés a des idées, des compétences, ne demande qu’à être utile et s’investir, pourvu qu’on le reconnaisse à sa juste valeur, et qu’on l’implique dans un projet.


Laissons toujours des traces écrites. Parmi les « outils formidables » évoqués plus haut, le mail permet de diffuser rapidement et largement nos messages. Très important : il les date, permet de faire des relances, et en un seul mail, on peut attacher tous les envois précédents.

Si notre hiérarchie est sensée, elle doit réagir.


Et si ça ne bouge pas ?

Trêve de paroles, passons aux actes : plus d’heure sup’ gratuite. On a tous une vie en dehors de l’entreprise, et des engagements autres… Trop souvent, hélas, il faut une crise pour que ça bouge… Nos alertes sont autant de traces que nous laissons, afin d’argumenter le jour où on « ne comprend pas » notre changement d’attitude. Quand la « source des cadeaux » évoquée plus haut se tarit, le sevrage est difficile pour l’entreprise !


Et si on est dans une impasse ?

Résumons : nous avons isolé les points de non-qualité, les avons exposé, avons proposé des solutions, avons travaillé pour améliorer les choses. A ce stade, l’entreprise ne veut rien entendre ? Il est temps de se poser une autre question : avons nous vraiment envie de rester dans cette entreprise ?

Même en temps de crise, des entreprises recrutent : soyons ouverts au marché.

Faute d'opportunités, tout se négocie, même les départs. Nombreuses hélas, sont les entreprises où on ne licencie pas… Du moins pas pour motif économique ou rupture conventionnelle du contrat. Par contre, pour faute, aucun problème !

Beaucoup moins « noble » que la démission, et -j’en conviens- injuste, cette solution a l’avantage de mettre fin à une situation à tendance mortifère, et de permettre la perception d’indemnités chômage. En cas de refus, ce qui en dit long sur notre employeur, il reste la solution de l’abandon de poste. Il peut s’écouler plusieurs semaines avant que le licenciement soit effectif. Mieux vaut avoir quelque avance de trésorerie… Rien ne nous interdit parallèlement à cela, si notre employeur a manifestement fait preuve de malhonnêteté, d’en référer aux autorités compétentes.

Mon propos, n’est pas ici de faire l’apologie du je-m’en-foutisme, ni d’une mentalité de parasite profitant du système. La finalité n’est pas de « buller » en profitant des assedics, mais prendre conscience qu’on n’est pas « marié » avec son entreprise, et qu’un « divorce », où on est celui qui part, n’est pas la fin du monde. En regard d’un investissement de plusieurs années dans son travail, cela peut paraître inacceptable, mais une entreprise mérite t’elle que je ruine ma vie pour elle ? Et ce, d’autant plus si elle est sourde et aveugle à mes alertes ? A choisir entre ça et le suicide…


Personnellement, d’un point de vue éthique, je suis lié à mon employeur par un contrat que j’honore de mon mieux. A cet employeur, j’ai d’ailleurs donné largement plus que ce qui est contractuellement convenu... Si mon entreprise ne connaît pas le mot éthique, ne reconnaît pas mon travail à sa juste valeur, ne me respecte pas, j’ai simplement le pouvoir de tout arrêter si ça ne me plait plus, et cela, en accord avec ses propres méthodes !

Tout comme dans un couple (pour reprendre la métaphore du mariage), il m’est aussi possible d’installer le dialogue, et d’essayer de trouver une solution équitable pour moi, comme pour l’entreprise. Si vraiment on ne trouve pas de solution, il me reste une porte de sortie, et la possibilité de rebondir pour aller vers un projet d’avantage porteur de sens.


Quand j’ai réalisé cela, dans des circonstances particulières, propres à la situation de mon entreprise, un matin en partant travailler, ma vision a radicalement changé.

J’ai pris conscience subitement du pouvoir que j’ai sur ma propre vie, là où je la voyais dépendante d’éléments extérieurs. Instantanément, tout le poids des contraintes auxquelles j’avais donné prise s’est envolé…

Aujourd’hui, je me prends encore parfois la tête avec mon boulot, mais je relativise beaucoup.

J’ai repris les rennes de la vie et parallèlement à mon activité, je travaille à me réorienter vers ce qui a du sens pour moi. Et surtout, je sais que j’ai tous les jours le choix.


Je suis toujours volontaire et partant pour m’investir dans mon travail, et « mettre un coup de collier » quand c’est nécessaire. Cependant, je refuse de rentrer dans le jeu d’un système où l’urgence, et « donner toujours plus », sont devenus la norme. Au risque de me répéter, prendre du recul afin d’analyser et alerter est un bon moyen de « sortir la tête du guidon », de relativiser, et de mettre sa hiérarchie face à ses responsabilités. « Il n’y a pas de manœuvre sans recul ». Ce concept peut surprendre dans notre « société de la fuite en avant », mais reculer n’a rien de déshonorant si cela permet de manœuvrer habilement.

Au pire, si rien ne bouge, comme évoqué plus haut, nous ne sommes pas mariés avec notre entreprise, et il en existe plus de 3 millions d’autres en France. Nous pouvons aussi – pourquoi pas ? – créer notre propre entreprise, et la gérer avec des valeurs plus humaine…


Nombre de spécialistes le reconnaissent aujourd’hui : le travail est à réinventer. Et si nous en profitions pour réfléchir à quoi nous aspirons, à ce qui a du sens pour nous ?

Réinventer la travail, cela passe par la réflexion, mais aussi par l’action : chacun, à son niveau, a le pouvoir de faire bouger les choses.


Il est urgent de relativiser sur le pouvoir qu’ont réellement les éléments extérieurs sur nous : même si nos conditions de travail ne nous satisfont pas, quelle est la pire chose qui puisse nous arriver ?


D’un point de vue plus large, qui est le patron de notre vie ? Notre employeur ? Notre banquier ? Notre percepteur ? Notre conjoint ? Le « système » ? Ou nous-même ?


__________________________________________________________________________

(1) http://www.colibris-lemouvement.org/index.php/TH/Cultiver-et-Se-cultiver/node_1732 et http://osha.europa.eu/fr/topics/stress/index_html/definitions_and_causes

(2) Concept élaboré par le Professeur H. Laborit

(3) Le guide de l’homme d’action. Xavier Maniguet. Albin Michel. 1990

(4) Idem

(5) Les énergies du stress. Xavier Maniguet.

(6) A. Einstein

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 18:02

Le réveil est difficile : après le rêve d’une croissance positive et sans limite, on ouvre les yeux sur des problèmes pourtant connus de longue date. La mer monte, au propre comme au figuré.

Le système économique vacille, ses dérives sont pointées du doigt, et au cœur de tout, l’être humain est mal, tant dans sa tête que dans son corps. Un comble quand on y réfléchit : le système est basé sur l’argent, qui n’est qu’un outil issu de l’intelligence humaine pour lui faciliter la vie. Aujourd’hui l’homme est esclave de sa création…

S’il est normal et vital qu’une entreprise fasse des bénéfices, elle doit, de par la loi, placer les intérêts de ses actionnaires au dessus de tout le reste, même du bien public (1). La logique qui prévaut est celle du profit maximum dans un temps minimum..

Le business envahit tous les secteurs. Le serpent est fou, aveugle et se mord la queue : les rouages de ce système qui pousse à la consommation, ce sont vous et moi. Et vous et moi avons besoin de manger, de nous habiller, de nous nourrir, de payer nos factures, nos crédits, nos impôts…Nous devons donc travailler, en faisant vivre le système.

La course au profit pousse l’entreprise à travailler en effectifs réduits, générant un surcroît de travail sur chacun. Les règles de l’art sont méprisées, parce-qu' il faut aller vite et qu’on a pas le temps d’être formé. On travaille plus, mais on ne gagne pas forcément plus : combien d’employeurs payent réellement les heures supplémentaires ? La motivation s’effondre... Produits et prestations s’en trouvent dégradés, et la « qualité totale » se retranche derrière des clauses contractuelles, au mépris de la qualité tout court. Le phénomène est amplifié avec les externalisations, définies par certains économistes comme l’art de faire payer ses factures par d’autres (2) . Le sous-traitant demande alors à son tour à ses salariés de faire plus avec moins de moyens…

On sous-traite tout, même sa responsabilité. « C’est pas moi, c’est le modèle libéral… ».

Même dans le domaine social, le modèle libéral gagne du terrain, allant jusqu’à « rationaliser » les échanges humains, chronomètre en main, dans les maisons de retraite !

Le malaise est palpable, dans tous les secteurs. Combien de gens autour de nous ont envie de changement, cherchent à donner du sens à leur vie, ne veulent plus perdre leur vie à la gagner ?

Faut il « du passé faire table rase » ? Certainement pas ! Un outil mal utilisé n’est pas un mauvais outil : ça n’est pas parce que je me suis tapé sur les doigts que je vais jeter mon marteau aux orties (même si sur le coup, c’est la première idée qui me traverse l’esprit !).

Ce que l’humain a créé, il peut le défaire.
A l’instar de la fable du colibri (3), chacun peut faire sa part, et il a sa place dans la société. Il n’y a de fatalité que si l’on renonce à ses responsabilités. C’est une question de décision. Alors que chacun connaît la théorie du battement d’aile du papillon, comment peut-il douter de son influence sur son environnement, et dans la société dans laquelle il évolue ?

Vous l’aurez compris, mon état d’esprit est optimiste et résolument positif.

Le réveil n’est qu’une première étape.

Les nouvelles ne sont, certes pas réjouissantes, mais nous devons passer par là pour réveiller les consciences de chacun sur les non-sens et aberrations qui nous entourent. Comprendre comment on en est arrivé là, quels sont les mécanismes qui sont à l’œuvre, permet de sortir de la résignation face à ce qui nous paraît complexe et semble insurmontable.

Si aujourd’hui, nous démasquons les mauvais élèves, il n’est pas question de les laisser sur la touche, mais bien de les faire participer et évoluer. Le défi est de taille, mais c’est une condition indispensable pour une sortie par le haut, et avec tout le monde.

C’est le discours que tient, en marge de son projet Solar Impulse (4), Bertrand Piccard, l’un des rares visionnaires à intégrer la dimension psychologique aux réflexions sur les changements à venir. La résistance au changement fait partie de la nature humaine, et c’est un frein majeur.

Bertrand Picard évoque par ailleurs, les énormes gisements d’emplois que constituent les énergies renouvelables et l’environnement, et montre que, paradoxalement, la survie du système libéral, autour duquel tout est articulé aujourd’hui, est dépendante de l’intervention des politiques… Tout comme ils ont été capables d’intervenir pour soutenir les banques en 2009, leur action est indispensable pour soutenir les secteurs porteurs d’avenir et les réorientations de ceux qui avancent dans une impasse.

Le projet Solar Impulse est un symbole, à la fois d’aventure et d’exploration, qui ont toujours été des moteurs d’évolution pour l’humanité, mais aussi la preuve qu’on a aujourd’hui les moyens de faire voler un avion sans escale autour de la terre, sans autre apport d’énergie que celle du soleil. Ces moyens existent, et leur mise en application n’est qu’une question de décision.

« Demain est moins à découvrir qu’à inventer » (5) : c’est la raison d’être de ce blog.

J’y matérialiserai idées, synthèses de réflexions partagées avec d’autres, recherches, ainsi que les exemples et initiatives pertinentes et inspirantes.

A l’heure où l’on sait mettre en commun ses idées, compétences, et talents depuis les 4 coins de la planète pour créer des logiciels libres et performants (6), il peut en être de même pour créer le monde de demain.

Après le flop de Copenhague, où « les grands de ce monde » ont montré leur incapacité à se mettre d’accord, il est permis de penser que le changement viendra "d’en bas".

Des initiatives originales, pertinentes et pleines de sens, intégrant le savoir être, s’inscrivant parfois dans une démarche de Qualité Globale à Dimension Humaine © (7) et économiquement rentables, existent déjà (8).

Il ne tient qu’à nous de nous en inspirer et d’en créer d’autres.


__________________________________________________

Sources :

(1) The Corporation - Documentaire (2003) de Mark Ashbar, Jennifer Abbott, Joel Bakan
(2) Idem
(3) Pierre Rabhi (http://www.lapartducolibri.com/page.php?id=14). Voir aussi :

http://www.colibris-lemouvement.org/

(4) http://apps.facebook.com/daily_motion/video/x9puul_bertrand-piccard-solar-impulse-inte_tech
(5) Gaston Berger
(6) Un logiciel libre est un logiciel dont la licence dite libre, et donne à chacun (et sans contrepartie) le droit d'utiliser, d'étudier, de modifier, de dupliquer, et de diffuser (donner et vendre) le dit logiciel. (Wikipedia).
(7) http://www.recherches-et-evolution.com/la-qualite-globale-a-dimension-humaine

(8) 80 hommes pour changer le monde. S. Darnil & M. Leroux ed. J-C Lattès (2005).

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